[BIR] Jamais deux sans trois !

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Message par Anaïs de Lugnan-Vellini le Dim 14 Aoû - 19:55

Après un long séjour à Monteroni, les Lugnan avaient enfin retrouvé Biriatou. Septembre était arrivé et ils eurent besoin de quelques jours pour s'acclimater à l'air des montagnes après avoir passé tant de semaines sous le soleil italien. Anaïs avait adoré Monteroni, mais elle n'était pas mécontente de revoir ses terres, de retrouver Élise qui avait fait office d'intendante en son absence. Rapidement la blonde s'était mise au courant des dernières nouvelles des environs, avait consulté les livres de comptes en hochant positivement la tête. Elle avait pu constater que les récoltes avaient été excellentes : les bêtes ne manqueraient pas de fourrage cet hiver et les réserves de blé étaient largement satisfaisantes. Tout était donc pour le mieux, à une exception près : sa santé.

Deux semaines après leur retour, la jeune femme avait commencé à se sentir fatiguée. Cela tombait plutôt mal car elle avait décidé de renouer avec la tradition imposée avant leur départ pour Monteroni : les entraînements matinaux. Têtue comme une mule, Anaïs n'avait pas soufflé un mot de ses accès de fatigue à son époux, jugeant qu'ils ne seraient sûrement que temporaires. De toute façon, même en-dessous de ses moyens elle restait assez solide pour faire vivre un enfer à Yvain.
Néanmoins, le soucis perdura, et même, empira. A la fatigue s'ajoutèrent les nausées. Et la blonde se connaissait assez bien pour avoir une petite idée de ce que cela signifiait. Pourtant, elle décida de ne toujours rien dire ni de ne rien laisser paraître à Yvain. C'était stupide, mais seul le temps pouvait confirmer ses croyances.

Et il le confirma. Octobre pointa le bout de son nez et si Anaïs avait tant bien que mal réussi jusque là à dissimuler les symptômes qui s'exprimaient chez elle de manière aléatoire, elle fut obligée d'abdiquer lorsque les nausées vinrent l'attraper en force en plein enseignement théorique des parades à un Lugnan qui ne devait pas s'attendre à ça. En pleine phrase la blonde fut bien obligée d'arrêter de parler sous peine de vomir et, ne voulant absolument pas montrer un tel spectacle à Yvain, elle s'éloigna de quelques pas pour respirer et attendre que l'alerte se passe. Malheureusement pour elle, après quelques minutes les nausées étaient toujours là. Elles avaient même une fâcheuse tendance à s'amplifier. En bref, il était grand temps d'arrêter de se faire des illusions et de se cacher.

Blême et franchement pas en forme olympique, Anaïs revint auprès de son mari en faisant une série d'inspirations et d'expirations. Ne pas vomir. Ne pas vomir. Ne pas vomir. Ah et ! Ne pas vomir.


- Yvain ? dit-elle d'une voix particulièrement fatiguée. Je crois que …

Anaïs s'arrêta brusquement. Ne pas vomir. Doucement elle écarquilla les yeux et les releva vers Yvain. Ne pas vomir. Machinalement elle porta la main à sa bouche. Ne pas vomir. Oui bon, sa technique d’auto-persuasion n'avait pas l'air de fonctionner. Ne pas vomir. Vite ! Un buisson !

Et c'est ainsi qu'Anaïs de Lugnan-Vellini, Dame de Vaubuzin, chargée de la défense de Monteroni courut piteusement derrière un buisson pour vomir tripes et boyaux. Glamour.

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Re: [BIR] Jamais deux sans trois !

Message par Yvain de Lugnan le Lun 15 Aoû - 15:06

Du point de vue du Lugnan, ce n'était pas deux jours de vacances qu'il avait eu pendant leur séjour à Monteroni, mais bien deux mois. Il savait qu'une fois de retour à Biriatou, son épouse recommencerait à le lever aux aurores afin qu'il s'entraîne à devenir un homme fort capable de pourfendre les brigands pour défendre la veuve et l'orphelin. Il savait aussi qu'il ne pouvait pas se soustraire à cette torture étant donné qu'il avait lui même insisté pour apprendre le maniement des armes. Il se trouvait donc dans une situation inextricable qui, quoi qu'il tentât de fomenter dans son esprit, en revenait toujours au même point : l'entraînement. Et probablement les courbatures puisqu'il n'avait strictement rien fait pour se maintenir en forme lorsqu'il était en Italie. Il avait bien fait un peu de cheval et de marche, mais rien qui puisse entretenir ce qui s'apparentait le plus à une musculature. En deux mois on pouvait donc considérer qu'il était pratiquement revenu au point de départ, ce qui n'était pas fait pour l'enchanter vu comme il avait souffert les premiers jours de sa torture matinale. Tellement qu'il avait même cru mourir plusieurs fois. Les hypothèses les plus probables étant : évacuation de ses poumons par la bouche, démembrement instantané sous l'effet de la douleur, ou encore vaporisation totale à cause d'un surplus de chaleur corporelle.

Étrangement, il ne fut pas levé avec un jeté de vêtement en pleine figure dès le lendemain de leur retour. Le pauvre garçon vivat donc pendant quelques jours avec l'inquiétude d'être chaque matin réveillé de façon peu orthodoxe. Un matin, personne ne saurait dire pourquoi celui ci plutôt qu'un autre, il fut enfin réveillé de bonne heure et de mauvaise humeur. Comme d'habitude à chaque fois qu'il se levait tôt, il grommela et n'eut comme seule réponse qu'il avait intérêt d'être prêt pour l'entraînement quinze minutes plus tard. Ce jour là, il fut partagé entre deux émotions extrêmement contraires. D'un côté il était heureux de voir qu'elle avait enfin repris du poil de la bête après ces quelques jours dans le creux de la vague, mais de l'autre côté ça voulait dire qu'il allait de nouveau risquer sa vie à chaque goutte de transpiration. Il n'aurait cependant pas à tergiverser longtemps s'il ne se trouvait pas à l'endroit dit à l'heure dite. Il prit donc le chemin de leur lice improvisée, traînant tout de même légèrement des pieds...

Quelques semaines passèrent sur ce rythme, et il avait presque retrouvé la forme olympique qu'il avait avant de quitter Biriatou. Certes, cette forme n'avait rien d'exceptionnel pour un homme lambda, mais pour lui cela signifiait qu'il arrivait à faire quelques tours de lice sans avoir envie de se couper la jambe ou de se planter la main dans la poitrine pour s'arracher les bronches, et qu'il parvenait à se tenir debout plus de deux minutes, même avec une épée en main. Tout allait donc pour le mieux, tellement que la Vellini s'était risquée dans un cours sur les parades aujourd'hui. Pourquoi pas. Après tout, il devait aussi bien savoir se défendre qu'attaquer. A quoi bon vouloir défendre ses terres si c'est pour mourir au premier coup de fléau ? Bien que le fléau soit une arme plutôt redoutable et difficile à parader... Enfin peu importe. Il n'était que question d'épées pour le moment, et cela lui suffisait amplement tant il y avait de mouvements à retenir.

Il était attentif, très attentif à tout ce qu'elle pouvait faire et dire afin de la singer au mieux lorsque ce serait son tour. C'était sans compter sur un arrêt net de la blonde. Il haussa le sourcil, perdant subitement toute sa concentration. Pourquoi diable devrait-il mettre une main devant sa bouche pour se défendre ? Cela n'avait aucun sens ! Mais lorsqu'il la vit s'éloigner pour prendre quelques inspirations bien maîtrisées, il comprit que quelque chose clochait et qu'il ne s'agissait pas d'un mouvement de défense. Soudain, une petite alarme s'alluma dans son cerveau. L'alarme "Malade !". Il devint alors encore plus blême que d'habitude, à la fois inquiet pour son épouse et pour lui. S'il n'y avait presque aucun doute sur le fait qu'elle s'en sortirait, rien n'était moins sur pour lui ! Il commençait déjà à paniquer intérieurement en se disant qu'en plus il ne pourrait probablement pas contacter Astride, cette dernière devant encore être en train de fulminer à cause du mariage imminent de Rodrigue. Il fut cependant rappelé à la réalité par la blonde qui tenta de lui dire quelque chose avant de finir sa course dans le buisson. Horreur ! Il n'y avait plus de doute possible, elle était bien malade. "Malade ! Malade ! Malaaaaade !". Rester calme. Il n'avait encore aucun symptôme et il avait une épouse à sauver. Il s'essaya à quelques exercices de respiration afin de se calmer avant de remettre ses gants et de s'approcher -mais pas trop quand même- de sa malade. Il se pencha légèrement sur le côté et termina la phrase qu'elle n'avait pas eu le temps de finir avant de rendre tout ce qui avait transité dans son estomac depuis hier.


-Que vous êtes malade. En effet. Vous devriez rentrer. Et vous coucher. Elise fera une tisane. Voulez-vous Henri ? Pour vous aider ? Lui ne voulait pas s'approcher de ce nid de miasmes. Trop dangereux !

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Message par Anaïs de Lugnan-Vellini le Lun 15 Aoû - 16:32

Anaïs était humiliée. Fatiguée, malade, humiliée et énervée. Cela arrivait à tout le monde d'être malade, et tout le monde vomissait au moins une fois dans sa vie. Néanmoins, elle qui se montrait intraitable avec Yvain durant leurs entraînements était contrainte de déclarer forfait, lâchée par son corps. Être malade lui faisait horreur, mais constater que son mari la prenait pour une pestiférée acheva de l'enrager. Il se tenait si loin d'elle qu'Anaïs comprit que si un jour il devait lui arriver un gros pépin, ce n'était certainement pas son trouillard de mari qui viendrait la sauver si sa propre vie devait être mise en danger. Même Henri en ferait plus pour elle alors qu'il n'était pas lié à elle par le mariage, un comble !
Reprenant un semblant de dignité en se relevant, Anaïs tourna son visage extrêmement pâle vers Yvain sans cacher que si elle avait eu la force de lui coller une tarte, elle l'aurait fait sans trembler.


- Vous avez raison, siffla-t-elle, je vais rentrer. Rangez donc le matériel, ça ne devrait pas être trop dangereux pour vous.

Et elle tourna les talons en direction de la grande maison seigneuriale d'un pas mal assuré alors que la blonde fulminait intérieurement. Anaïs n'avait même pas pu dire à Yvain pourquoi elle était malade et maintenant elle n'en avait plus envie. Arrivée dans la cuisine, elle écouta pourtant les conseils du Lugnan en demandant à Élise de lui préparer une tisane, même si elle était peu convaincue du résultat. Il ne lui resterait plus qu'à aller se coucher et espérer aller mieux au réveil.

Anaïs était assise dans le salon, en train de terminer sa tisane, lorsqu'Yvain entra. Élise était partie, Henri n'était pas dans les environs, elle décida donc d'annoncer la couleur concernant le mal qui semblait faire tant peur à Yvain.


- Je crois que vous allez devoir engager un maître d'armes pour apprendre à vous battre. Je risque d'en être incapable durant quelques mois. Et si vous voulez défendre nos trois enfants, vous ne devez pas réduire vos efforts.

Presque indifférente, toujours vexée, elle se leva et fixa ses yeux bleus sur son mari qui devait digérer la nouvelle. Et encore, s'il avait compris du premier coup, ce qui n'était même pas probable. La blonde avait conscience d'exagérer, mais c'était plus fort qu'elle. Et alors qu'elle s'apprêtait à grimper l'escalier, elle se retourna soudainement, armée d'un léger sourire ironique.

- Vous n'avez donc pas à vous tenir si éloigné de moi. Je n'ai pas encore eu vent de cas de grossesse contagieuse.

Puis elle monta les escaliers. Plus elle resterait avec Yvain, plus il allait l'agacer, elle devait donc se calmer avant de rediscuter de tout cela plus tard. Elle aurait ainsi le temps de se reposer et lui de méditer. Cela ne lui ferait probablement pas de mal !

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Re: [BIR] Jamais deux sans trois !

Message par Yvain de Lugnan le Jeu 18 Aoû - 15:38

Bien sur qu'en cas de très gros pépin il mettrait sa vie en danger pour sauver celle de sa belle, mais comme dans cette situation le risque qu'Anaïs y passe était très faible, il préférait ne pas mettre sa propre vie en danger en faisant appel à Henri, de bien meilleure constitution que lui. Ne devait-il pas penser à sa santé lui aussi ? Imaginez qu'ils soient tous les deux malades, qui allait s'occuper des enfants ? Ah ! On ne pouvait pas lui en vouloir d'être prévoyant tout de même. D'autant que la blonde savait très bien que le moindre rhume pouvait être fatal au Lugnan... Mais apparemment si, elle lui en voulait d'être trop prévoyant, car ce fut sur un ton peu aimable qu'elle prit seule le chemin pour leur maison après lui avoir ordonné de ranger tout le barda qu'ils avaient sorti pour l'entraînement d'aujourd'hui. Peu enclin au nettoyage après avoir été rembarré de la sorte, il partit en direction des écuries, à peu près certain d'y trouver Henri à cette heure. Domestique trouvé, Yvain lui indiqua qu'après avoir sorti les chevaux pour qu'ils aillent brouter dans les prairies alentours, il devait aller mettre de l'ordre à la lice. Il ne lui restait plus qu'à rentrer et à subir le regard accusateur d'une épouse à l'agonie. Rien que d'y penser, il leva les yeux au ciel comme pour demander au Très Haut pourquoi il lui faisait toujours subir les réactions étranges et inattendues d'une épouse qu'il considérait pourtant si parfaite. Peut être pour lui faire comprendre que la perfection n'existait pas et qu'il allait devoir se faire à l'idée qu'une femme c'est toujours chiant malgré les apparences... Il lâcha un profond soupire en remettant sa tête droite et, les bras ballant, rentra à son tour à la maison.

Et cela n'avait pas manqué. Anaïs et son air accusateur étaient assis dans l'un des fauteuil du salon, une tisane à la main. Bien qu'il savait qu'il allait être blâmé une nouvelle fois pour avoir été ce qu'il avait toujours été : un phobique des miasmes ; il était relativement heureux de voir qu'elle l'avait un temps soit peu écouté. Se préparant à recevoir un coup de massue imaginaire sur la tête, il fut surpris de l'entendre dire qu'ils allaient devoir remettre à plus tard leurs entraînements quotidiens. Et pas à plus tard dans quelques jours le temps que son estomac se remette dans le bon sens non. Plus tard dans le sens où il allait pouvoir méditer toute la sainte journée pendant des mois entiers car il était tout bonnement hors de question d'embaucher un maître d'armes. D'une parce qu'il n'était pas certain d'en avoir les moyens, et de deux parce que le dit maître d'armes serait assurément bien moins patient que son épouse et qu'il risquait donc de se tuer à la tâche. Une première heureuse nouvelle qui le ravit intérieurement ! Pourtant, une question demeurait : pourquoi tant de temps ? Il n'eut pas besoin de l'interroger sur le sujet car elle donna un début de réponse. Trois enfants ?

Machinalement il se laissa tomber dans le second fauteuil du salon, comme si son corps se mettait en pause le temps que son esprit démêle tous les fils de l'histoire. ils n'avaient techniquement que deux enfants et il n'avait jamais été question d'en avoir un troisième étant donné qu'ils avaient tous les deux eu ce qu'ils voulaient. Il voulait une fille à chouchouter. Il avait eu Wilgeforte. Elle voulait un garçon pour une raison qui lui échappe encore. Elle avait eu Georges. Que pouvaient-ils donc espérer de plus ? Une seconde fille qui serait jalouse de la première tandis que lui ne saurait plus où donner de la tête et finirait par devenir chèvre ? Un deuxième garçon qui allait se battre avec le premier et dont l'un des deux risquait de devenir comme Rodrigue ? Jamais de la vie. Ils n'en avaient jamais parlé, alors pourquoi serait-ce arrivé ? Dans ce cas, son épouse avait-elle décidé sans lui demander que son fils François reviendrait finalement vivre à la maison parce qu'elle n'avait aucune envie qu'il soit enfermé dans un cloître sur la falaise d'Hendaye ? Là encore, il n'en avait aucune envie. Et cela n'avait aucun sens. Pourquoi maintenant alors que cela faisait des années qu'il vivait comme un moine ? Ou alors Ava n'était pas vraiment morte d'un accident de cheval à Ladispoli et revenait enfin vivre en famille à Biriatou ? Impossible. Clairement impossible. Pourquoi Alessandra lui aurait menti ? Pourquoi ne l'auraient-ils pas vu lors de leur séjour en terres italiennes si elle était si vivante que cela ? Comment Rozenn aurait-elle pu garder un tel secret, elle qui était complètement incapable de mentir ?

Lorsqu'il sortit de sa torpeur, toujours particulièrement intrigué par ce qu'elle venait de lui annoncer parce qu'il ne trouvait aucune explication plausible, il se rendit compte qu'elle avait disparu. Il eut juste le temps d'apercevoir un pied en haut des escaliers. Il soupira légèrement, heureux de voir qu'elle allait simplement se reposer comme il le lui avait dit un peu plus tôt. Il ne lui restait plus qu'à trouver une explication rationnelle à ce mic-mac maintenant... Et quoi de mieux pour commencer l'enquête que d'aller voir Elise afin de lui demander ce qu'elle avait mis dans la tisane ? Il dû attendre son retour du marché pour lancer les hostilités cluedoïques.


-Elise. Je m'en remets à vous. Qu'a-t-elle ? Entre temps il avait décidé d'entrer directement dans le vif du sujet plutôt que de tourner autour du pot en demandant les ingrédients ingurgités par son épouse.
-Oh beh elle vous a point dit ?
-Non. Vous demanderais-je sinon ?
-C'point faux M'sieur. Mais franch'ment z'auriez pu d'viner ! Quand c'est qu'Madame est malade d'habitude hein ?
-Cessez ! Dites-le. C'est tout. Dit-il froidement, n'ayant aucune envie de jouer et encore moins avec Elise.
-Bien bien d'accord... Madame attend un enfant. J'dirai qu'ça fait un mois d'jà vu les nausées qu'elle a.
Regard interloqué du Lugnan en guise de réponse. Elle avait donc fait un enfant sans lui demander avant !
-Mais. Pourquoi ?
-J'peux point vous répond' là M'sieur ! Faudra lui d'mander j'crois bien. Mé bon à vous d'penser à c'que vous avez fait avant d'quitter Monteroni hein.

Vu comme ça... Effectivement... Ils avaient peut être... Hum. Il remercia Elise d'un signe de main sans ajouter un mot de plus et alla s'enfoncer dans son fauteuil, face à une cheminée encore éteinte en cette saison. Il n'avait plus qu'une seule chose à penser maintenant : Merde. Voire deux : Comment allaient-ils l'appeler ? Ce n'était pas prévu. Il n'arrivait pas encore à savoir s'il était content ou non, mais il savait qu'il devait feindre de l'être devant sa belle. Alors avant de penser à cela, autant se poser des questions auxquelles il pouvait répondre sans y ajouter un facteur sentimental. Très pragmatique n'est-ce pas ? Trop pragmatique même peut être.


Dernière édition par Yvain de Lugnan le Jeu 18 Aoû - 23:06, édité 1 fois

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Re: [BIR] Jamais deux sans trois !

Message par Anaïs de Lugnan-Vellini le Jeu 18 Aoû - 22:58

Dans sa chambre, Anaïs était bien loin des questionnements absurdes d'Yvain. Sa tisane l'avait légèrement requinquée, mais la sieste allait sûrement lui faire le plus grand bien. Elle n'eut d'ailleurs aucun mal à s'endormir, emmaillotée dans ses draps tel un nouveau-né. Plusieurs heures s'écoulèrent sans que rien ne vienne troubler le repos de la Lugnan-Vellini, mais toutes les bonnes choses avaient une fin et, au milieu de l'après-midi, Anaïs quitta son lit bien-aimé et descendit les marches pour savoir comment se portait son époux. Elle le trouva à la même place, assoupi dans son fauteuil fétiche. Il était si adorable qu'Anaïs avait déjà oublié à quel point il avait su l'agacer quelques heures plus tôt. Le plus silencieusement possible, elle bougea l'un des fauteuils pour le placer face au sien. Une fois installée, elle posa ses mains sur celles d'Yvain pour le réveiller. Et quand ses jolis yeux verts furent enfin visible, la jeune femme sourit. A dire vrai, elle ne savait pas vraiment quoi dire. Oui, ils allaient de nouveau devenir parents. Non, elle ne l'avait pas prévu non plus. Mais cet enfant était en route et elle ne pourrait rien y changer.

- Vous vous en remettez ? dit-elle tout doucement.

Anaïs se posait également une tonne de questions. Comment Georges allait-il le prendre ? Comment allaient-ils s'en sortir alors que Wilgeforte était encore toute petite ? Les revenus de Biriatou et de Monteroni allaient sûrement suffire mais ils allaient devoir revoir de fond en comble l'organisation de la maison. Peut-être allaient-ils devoir ponctuellement faire appel à un autre domestique, car Élise n'était plus assez jeune pour veiller sur trois enfants en bas âge. Leur vie allait en être complètement bouleversée, mais plus que les-dits bouleversements, c'était la réaction d'Yvain qui l'inquiétait. Il n'était déjà pas un mordu des surprises ni des imprévus en temps normal, celle-ci pouvait donc légitimement l'amener à avoir une réaction étrange comme il pouvait en avoir de temps en temps.

- Je sais bien que ce n'était pas prévu, mais ça ira non ? Je veux dire… elle hésita, comment le prenez-vous ?

Malgré ses quelques inquiétudes, Anaïs était heureuse. Voir la famille s'agrandir à nouveau n'était pas dans ses plans ni même dans ses rêves, mais Georges et Wilgeforte lui apportaient tant de joie qu'il n'y avait pas de raison que le troisième enfant Lugnan n'en fasse pas autant. Et si jamais il n'était pas convaincu, elle ferait en sorte de le faire. Après tout avait-il le choix ? Pas vraiment.

Tout comme elle ne lui laisserait aucun choix concernant ses entraînements. Elle était hors jeu, mais lui pouvait toujours se mouvoir. Et il allait se bouger le fondement !


- En tous cas n'espérez pas que je vous laisse ruiner vos nombreux efforts concernant vos entraînements. Je trouverai un maître d'armes et, s'il le faut, j'assisterais à vos séances d’entraînement pour que mon ventre rond vous motive.

Certes il n'avait pas officiellement déclaré forfait, mais sa femme n'était pas tombée de la dernière pluie et savait qu'il allait sûrement tout faire pour se défiler. Il n'en était tout bonnement pas question. Anaïs allait porter leur enfant, lui pouvait bien faire quelques efforts !

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Re: [BIR] Jamais deux sans trois !

Message par Yvain de Lugnan le Dim 21 Aoû - 21:17

-De ? Répondit-il instinctivement avant de se souvenir qu'il s'était endormi avec les pensées tournées vers la nouvelle grossesse imprévue de son épouse. Oh. Ca. Pause. Je n'aime guère l'imprévu. Néanmoins. Je m'y ferais. Assurément. J'ai quelques mois pour cela.

Il lui offrit un léger sourire comme pour la rassurer, et en même temps se rassurer lui même. Bien sur qu'il s'y ferait, bien sur qu'il aimerait ce nouvel enfant autant que les deux autres, qu'il s'agisse d'un garçon ou d'une fille, et bien sur qu'ils lui trouverait un prénom aussi digne d'être porté que les deux autres. Malgré toutes ces certitudes futures, il aurait besoin d'un peu de temps pour les accepter, pour s'habituer à une modification dans l'avenir qu'il avait imaginé. Il allait devoir tout repenser, passer des heures et des heures à méditer. Certes ce serait exactement comme d'habitude vu de l'extérieur, mais vu de l'intérieur, il allait devoir rembobiner un film avec la date de sortie déjà prévue, pour réenregistrer quelque chose de complètement différent sur la bande. Un exercice périlleux ! Il commençait d'ailleurs déjà à rembobiner quand elle ajouta quelques mots qui sonnèrent très très mal à son oreille : maître d'armes. Il fronça clairement les sourcils et, sachant qu'il ne fallait pas froisser une femme, et encore moins une femme enceinte, il ajouta à son tour :

-Bien. Mais l'après-midi.

Il voulait rajouter que l'hiver approchait et qu'il risquait de tomber malade s'il poursuivait l'entraînement, que le matin il faisait encore plus froid qu'à n'importe quelle autre heure de la journée, que son ventre rond n'allait certainement pas le motiver alors qu'il serait en train de se peler, mais il n'en fit rien. Trop conscient que cela ne l'avancerait à rien et qu'elle lui trouverait quand même un maître d'armes pour qu'il aille s'entraîner sans elle. Il n'avait fait qu'une requête sans se plaindre dans l'espoir qu'elle soit accepter, comme s'il voulait prouver qu'il était plein de bonne volonté alors que c'était complètement faux.

[Quelques jours plus tard]

Il était temps de rendre visite à leur suzeraine afin de faire les comptes d'avant-hiver pour montrer que Biriatou devrait -normalement- très bien s'en sortir sans l'aide du Duché d'Urrugne. Son épouse étant hors jeu pour le cheval et n'aimant guère la voiture, il avait donc proposé de s'y rendre. De cette façon, en plus de louper son entraînement quotidien avec le super génial maître d'armes qu'Anaïs lui avait déniché, il allait pouvoir évoquer l'histoire du mariage de Rodrigue à Rozenn et donc assurer ses arrières. Parce qu'il savait très bien que la brune serait incapable de tenir sa langue et serait au moins autant choquée que son épouse l'avait été en apprenant cette nouvelle. De fait, la duchesse ne manquerait pas de se précipiter à Hendaye pour prévenir Astride. Quoi qu'il allait devoir l'empêcher de procéder de cette façon, pour lui conseiller de lui écrire plutôt que d'y aller. Sinon Astride risquerait de lui signaler qu'elle le savait déjà... Auquel cas sa couverture n'aurait plus aucun intérêt ! Il n'aurait qu'à tartiner sur le fait qu'une Astride en colère pouvait être dangereuse, que de toute façon elles avaient un peu de mal à communiquer toutes les deux, ou encore que la petite blonde préférerait peut être accuser le coup toute seule. Bref, il mentirait pour que personne ne se doute que c'était lui et personne d'autre qui avait prévenu Astride de ce qu'il se tramait à Giglio. Il n'avait aucune envie d'être tenu pour responsable de tous les futurs agissements irresponsables d'Astride. S'il arrivait une catastrophe, personne n'oserait se retourner contre Rozenn pour lui dire qu'elle aurait pu réfléchir avant d'agir ! D'une parce qu'elle était la suzeraine d'à peu près tout le monde, et de deux parce que demander à Rozenn de réfléchir pour ce genre de chose, c'était peine perdue...

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