[MON] Un retour et une grosse ambition.

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[MON] Un retour et une grosse ambition.

Message par Rodrigue de Liancy le Dim 3 Avr - 18:47

Monteroni. Enfin !

Le périple avait été plus long que prévu, mais Rodrigue y avait gagné. En richesse tout d'abord, car il avait amassé un joli pactole en mettant hors d'état de nuire le brigand prétentieux qui avait essayé de le dépouiller. Mais aussi en sérénité : à son arrivée Guido n'avait pas manqué de constater et de faire remarquer que son maître était désormais borgne, mais surtout qu'il revenait seul. Remarques à laquelle Rodrigue ne fit aucune réponse, se contentant d'ignorer tout simplement ce que pouvait lui dire Guido à ce sujet. S'il n'avait pas traîne en chemin, s'il était allé directement de la Gascogne à Monteroni, cette discussion de bienvenue se serait sûrement terminée par un pain dans la tête de l'italien. Le temps avait déjà commencé à panser ses plaies. Il pensait toujours à Astride, elle lui manquait encore, mais avec moins de douleurs qu'au début. Le Liancy se rassurait en disant qu'elle allait bien finir par comprendre sa démarche, par pardonner, voire par l'oublier. Cette idée lui faisait mal, mais tout ce qui avait un lien avec Astride était susceptible d'être pénible. Il n'y avait dès lors qu'une solution : avancer.

Les premiers jours de l'écuyer à Monteroni furent tranquilles. Guido le mit au courant des dernières nouvelles concernant ses terres, il rencontra quelques braves paysans qui n'étaient pas mécontents de voir le printemps enfin arriver, il retrouva même avec grand plaisir les adorables cuisinières du Castellaccio. Il se sentait bien mieux sous ces latitudes qu'en Gascogne où il ne se sentait bon à rien. Même l'air lui semblait meilleur. Ainsi il reprenait les habitudes délaissées au moment de son départ avec Astride. Quant à Guido, s'il n'avait pas réessayé d'en savoir plus sur les raisons qui avaient poussé Rodrigue à revenir et à quitter Astride, il n'en tirait pas moins une grande satisfaction qui illuminait son visage. Il n'avait jamais aimé la Vellini qu'il jugeait bien trop étrange et pas assez bien pour l'écuyer de Ladispoli.

Il avait surtout de nouveaux projets pour le Liancy. Alors que ce dernier était en train de travailler dans son bureau, Guido entra, lui demandant s'il pouvait l'entretenir d'un sujet qui risquait fortement de l'intéresser. Rodrigue haussa un sourcil mais fit signe à Guido de s'installer et de lui en dire plus.

Il lui relata alors la situation de l'île de Giglio, Marquisat sans Marquis depuis la mort, quelques semaines auparavant, de celui qui en portait le titre. Faute d'héritier, les notables du coin se disputaient le trône. Aucun notable ne sortait du lot, aucun n'était plus légitime que les autres et la concurrence acharnée qu'il y avait entre eux affaiblissait considérablement une île déjà frappée par une économie malade. L'hiver avait été mauvais pour le commerce, si bien que beaucoup de marchands avaient dû se résoudre à écouler leurs produits sur l'île au lieu de risquer de les perdre en mer durant une tempête. Les prix s'étaient alors effondrés et la guerre que se livraient les riches de l'île n'aidait en rien. Des riches de moins en moins riches à force de corrompre n'importe qui pour gagner un hypothétique soutien pour chaparder le titre de Marquis au nez de leurs ennemis. La situation politique et économique était telle que certains habitants avaient déjà déserté l'île pour pouvoir vivre décemment, trop écrasés par l'influence des notables dont la puissance n'était maintenant plus qu'une illusion.

L'histoire était intéressante, et plus Guido en parlait, plus des idées germaient dans l'esprit du jeune homme. Des idées folles, assurément, mais en fixant l'italien, il comprit qu'ils avaient sûrement les mêmes.

-  Donc tu sous-entends que si je réussis à réunir assez d'hommes, assez de bateaux et de fonds pour aller les impressionner je pourrais prétendre au titre qu'ils convoitent tant, tout simplement parce qu'ils préféreront me confier le titre plutôt que de voir l'un des leurs le récupérer ?

Rodrigue se leva de son fauteuil, se dirigea vers la fenêtre et regarda à l'extérieur, pensif. C'était une perspective séduisante. Rodrigue de Liancy, Marquis de Giglio, Écuyer de Ladispoli. Qu'allait-il faire de Monteroni ? Giglio semblait être un tel nid de vipères qu'il ne pourrait plus gérer Monteroni. C'était de toute façon un détail, une supposition parmi tant d'autres. Le visage toujours tourné vers la fenêtre, il réfléchit à voix haute.

- L'argent ne devrait pas être un problème. Mes caisses personnelles sont pleines, entre l'argent que j'ai rapporté de Gascogne, celui trouvé en chemin, mes revenus et le fait que je ne dépense pratiquement rien à titre personnel, cette question est une formalité face à des notables étranglés par les dettes. Les hommes… Ce sera plus compliqué, mais ce doit être faisable. Il faudra seulement chercher en dehors de Monteroni, et même en dehors de la Vicomté de Ladispoli. Si ce projet se fait, je ne veux pas y lier ma suzeraine qui n'y sera peut-être pas favorable. Quant aux bateaux… en étant malins cela doit pouvoir se trouver.

Plus il en parlait, plus il était convaincu. C'était à tenter. Allait-il rester toute sa vie à Monteroni à faire des comptes à n'en plus finir ? Il était trop ambitieux, trop prétentieux pour se contenter de cela. Giglio était la promesse de quelque chose de plus grand, de plus à sa mesure. Il aimait cette idée.

- Guido, il me faut aussi les noms des notables de Giglio. Non, pas que les noms. Je veux tout savoir. Qui sont les plus dangereux, qui sont les plus susceptibles d'être convaincus, quel notable est au bord de la faillite… Il me faut le plus d'informations possibles.

Cet ordre à Guido donnait vie à un projet qui, quelques minutes auparavant, n'était qu'une succession d'idées audacieuses. De son côté Rodrigue avait déjà prévu de parcourir à cheval les terres voisines de la Vicomté de Ladispoli, en quête d'hommes potentiellement intéressés par une vie insulaire. Après de trop longues vacances, il n'avait pas envie de rester les bras croisés quand une opportunité était à saisir.

Le Marquisat allait être à lui, ou à personne.

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