[BIR] Putain j'vais crever !

Page 2 sur 2 Précédent  1, 2

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Re: [BIR] Putain j'vais crever !

Message par Anaïs de Lugnan-Vellini le Ven 1 Avr - 19:57

Anaïs avait décidé qu'il était grand temps de retrouver son lit. Depuis de nombreux jours il était occupé par Yvain et Yvain seul, la maladie de celui-ci empêchant sa femme de se coucher à ses côtés tous les soirs. Elle s'était donc exilée dans une autre chambre de la grande demeure. Mais avec l'arrivée surprise de François, il n'y avait plus aucune chambre de libre à Biriatou. Si Rozenn et ses filles s'avisaient de débarquer, il n'y avait guère que l'écurie qui était en mesure de les accueillir. Loger sa jumelle et néanmoins suzeraine dans une écurie ? Impensable.

De plus, la blonde jugeait que le pic de la maladie de son époux était passé. Que le risque de contamination était bien moindre. De toute façon elle passait son temps à boire le breuvage à base de sauge que lui faisait Astride et n'avait jamais ressenti le moindre symptôme de la maladie depuis qu'elle veillait sur Yvain. Si bien qu'elle rejetait plus la maladie de son mari sur le dos de sa fragilité physique, que sur l'épidémie - qui frappait les environs depuis des semaines - en elle-même.

Un soir, elle poussa donc la porte de la chambre, en tenue de nuit, et vint se glisser sous les draps, collant ses pieds chauds à ceux d'Yvain. Allongée sur le côté elle le regardait. Il semblait reprendre petit à petit du poil de la bête.


Anaïs : Cette maison est trop pleine. Je crois qu'il va se passer quelque chose de fracassant...
Yvain : Fracassant ? Nous n'avons point de vase. A moins que vous parliez de vaisselle.
Anaïs : Ou de portes qui vont claquer...
Yvain : Oh. Y'a-t-il un menuisier ? A Biriatou ? à côté de la plaque le Yvain.
Anaïs : Sûrement. Mais si nous pouvions éviter d'avoir des frais inutiles... Avez-vous encore besoin d'Astride ?
Yvain : Probablement point. Elle saura vous expliquer. Pourquoi ?
Anaïs : Parce que la présence simultanée d'Astride, Rodrigue et François ne me dit rien qui vaille.
Yvain : Car François est encore là. Hum. Quand part-il ?
Anaïs : Je n'en ai pas la moindre idée.
Yvain : Bientôt. J'espère. Comme Rodrigue. D'ailleurs. Leur présence. A tous les deux. M'ennuie.
Anaïs : Je pense que Rodrigue souhaite partir très vite. Mais quelque chose me dit qu'Astride ne l'entendra pas de la même oreille avec François dans les parages...
Yvain : Ah ! Tout s'explique dans son petit cerveau fumeux. Vous pensez donc. A raison sans doute. Que Rodrigue est jaloux ?

Anaïs fronce légèrement les sourcils.

Anaïs : Oui. Mais il n'y a pas que ça. Ils sont...distants. L'arrivée de François n'arrange rien, je le conçois.
Yvain : Oh vraiment ? Quel dommage... Ils sont si. Différents. Cela ne m'étonne guère.
Anaïs : Pas tant que ça. Mais si quelqu'un venait à Biriatou demain, les voyait agir l'un envers l'autre, il serait incapable de dire qu'ils sont fiancés. Et Rodrigue n'est pas à l'aise. Il semble s'ennuyer, il erre dans les couloirs, va souvent au village... Astride étant toujours avec François...
Yvain : Évidemment. Rodrigue. Dès que je me trouve trop proche. N'est guère content de son sort. Je conçois qu'il s'ennuie.
Anaïs : Et puis après ce qui s'est passé avec Arambour, je doute qu'il aime vraiment se retrouver ici...

Anaïs cligne légèrement des yeux. Oui, elle sait.
Yvain plisse les yeux.


Yvain : Comme quoi. Je n'avais point tort.
Anaïs : De ?
Yvain : J'ai vu. Que vous saviez. Il vous l'a dit.
Anaïs : Il m'a aussi dit pourquoi vous le détestiez.

Anaïs lui fait un doux sourire.

Yvain :  Sa version. Assurément. Il vous dira... Que je n'avais aucune chance. Comment diable pouvait-il le savoir. Mais peu importe. Il n'y a point que cela. Il m'insupporte. Tout nettement. Arrogant. Prétentieux. Roux.
Anaïs :  Remarquez, je ne m'en plains pas. Si cela avait fonctionné avec cette demoiselle je ne serais pas avec vous en ce moment à me demander qui de Rodrigue ou d'Astride va ravager la chambre qu'ils occupent.
Yvain : Ravager ? Astride. Rodrigue va fuir. Lui.
Anaïs : Si tel est le cas...je sens que nous allons avoir François et Astride encore longtemps chez nous...
Yvain :  Ah non. Hors de question. Astride. Si elle veut. Elle ne fait guère de bruit. François. Non. Il mange. Trop.
Anaïs : Il mange votre part.
Yvain : Groumpf. Je mange. Suffisamment.

Anaïs sourit.

Anaïs : Si Rodrigue fuit, espérons que ce soit avec Astride...

Anaïs a moyennement envie de jouer l'épaule consolatrice une fois de plus.

Yvain : Nous verrons bien. Parions. Si vous le voulez bien. Le connaissant. Il va partir. Sur un coup de tête. Seul.
Anaïs : Je le crois aussi...
Yvain : Et je vous offre le cadeau. Que vous voulez. S'il part avec elle.
Anaïs : Hum. Il va falloir que je réfléchisse, même si je sens que cela ne va pas servir...

Anaïs fait une moue et rabat la couverture sur son épaule.

Yvain : Pensez au mien. Dans ce cas ! Gniark gniark.
Anaïs : Ah non. Choisissez.
Yvain : Oh. Je sais donc déjà.
Anaïs : Mais vous n'allez pas me le dire.
Yvain : Si vous me le demandez. Si. Sourit.
Anaïs : Quoi donc ?
Yvain : Ce que je veux que vous m'offriez.

Anaïs lève les yeux au ciel.

Anaïs : Vous êtes incorrigible. Pour la peine, je vais dormir.

Anaïs ferme les yeux. Et toc.
Yvain sourit, se redresse un peu pour lui déposer un baiser du bout des lèvres et chuchote :
Je veux que vous m'aimiez. C'est tout.
Anaïs cligne des yeux.

Anaïs : Vous n'avez pas besoin que Rodrigue s'en aille d'ici pour cela, vous savez.
Yvain : Si ! Il me ressemble. Trop ! J'ai peur du remplacement. Sourire un peu plus grand et il se retourne pour fermer les yeux lui aussi. Il devient en forme le Lugnan !

Anaïs rit légèrement et referme les yeux, contente de voir qu'il va beaucoup mieux. Au moins un des deux cousins est satisfait, c'est déjà ça.

_________________
avatar
Anaïs de Lugnan-Vellini
#DéfunteBlondeChic&Flegmatique ✝

Messages : 39
Date d'inscription : 12/10/2015

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: [BIR] Putain j'vais crever !

Message par François Vellini le Ven 1 Avr - 20:39

Ca faisait peu de temps qu'il était là, mais il avait déjà l'impression de prendre trop de place le gros. Vrai qu'il était super content de revoir sa copine Astride -parce qu'il avait bien du mal à se faire à l'idée que c'était sa tante- mais y'avait comme un malaise depuis qu'il était là. Pis n'osant pas demander si cette ambiance de merde était déjà là avant qu'il se radine, il essayait de s'acclimater sans trop broncher. Pourtant, ce matin là, pendant qu'Astride était dans le champ d'en face à faire son habituelle couronne de fleur, il goba une pomme et prit son gras à deux mains pour aller tailler une bavette. Mais avant ! Regard furtif circulaire pour savoir si Rodrigue était dans les parages, juste au cas où... Il avait l'air de l'avoir dans le nez, et avoir un borgne pour fidèle ennemi, c'était pas son kiff, du tout. Rien que l'idée d'avoir un ennemi d'ailleurs... Alors imaginez un peu, le pauvre se trouvait déjà sous le toit de quelqu'un qui pouvait pas le blairer, alors un 2ème -qui ressemblait au 1er en plus-, non merci. Il fallait tirer tout ça au clair !

-Hey Titide ! Faut que j'te parle !
Petit plissement de nez amusé au "parle" et elle lui fit signe de s'avancer.

-Ben voilà, en fait... J'ai l'impression qu'ton fiancé y m'aime pas trop...
Elle fit un grand o d'étonnement avec sa bouche, avant de finalement pencher la tête de côté pour montrer qu'elle était en train de reconsidérer la situation.

-Ah tu vois, t'hésites !
Dodelinant de la tête, la blonde essayait de réfléchir aux récents événements. Les yeux vers le ciel, ils bougeaient à chaque fois qu'elle prenait en compte un nouvel élément perturbateur.

-Tout ça ? Vache ! C'est mouv'menté chez toi !
une grimace sur le bout des lèvres fit changer d'avis le gros Vellini. En fait, tous ces éléments n'avaient pas vraiment amélioré sa relation avec Rodrigue, et maintenant qu'elle en faisait l'inventaire, c'était plutôt flagrant.

-Pas bien mouv'menté on dirait...
Elle secoua lentement la tête de gauche à droite avant de lâcher un profond soupire. Sachant qu'avec François elle pouvait se passer d'ardoise, parce qu'il savait mieux déchiffrer les gesticulations que les lettres, elle fit un coeur de ses deux mains avant de mimer une rivière qui coule leeeeentement avec la main droite, tandis que l'autre gigotait dans tous les sens. Le regard de la blonde balança d'abord sur la main "de l'ennui" avant de basculer sur la seconde avec une petite mine désabusée.

-Hum ! Ta vie amoureuse est ennuyeuse et t'aimerai bien qu'elle bouge un peu ?
Et un hochement de tête appuyé plus tard, elle poursuivit ses mimes en ouvrant sa sacoche pour lui montrer tout le foutoir qu'elle transportait en permanence.

-....Mais en même temps t'as plein d'boulot en c'moment !
Moue mi-figue, mi-raisin de la blondinette.

-Pis bonne poire qu't'es, t'as choisi l'boulot parce que c'est plus facile à gérer !
Dans un long soupire, elle s'étala sur le dos dans le champ de fleurs, les bras écartés et le regard plongé dans les nuages.

-Et j'suis censé t'aider alors que j'suis voué à m'marier au Très Haut moi ?
Là, il marquait un point. Elle marqua d'ailleurs cette information par une petite mimique en coin de bouche.

-Bien sur qu'j'ai raison ! Mais bon, j'peux t'aider sur une chose. Tu l'aimes ou pas cet Yvain roux ?
La minie blonde fronça les sourcils en entendant l’appellation que François venait de donner. Mais rapidement, elle se focalisa plutôt sur la question qu'il avait posée et elle ferma les yeux, toujours aussi intriguée par les sentiments qu'elle avait pour son Rodrigue. Elle y était très attachée, trop attachée sans doute même, et c'était probablement cela que d'aimer quelqu'un. Mais d'un côté, elle était aussi très attachée à François... Bien que ce n'était pas tout à fait la même chose parce que lui, elle pouvait très bien vivre loin de lui ; elle était juste trop contente de le revoir de temps en temps.

-Nan mais moi tu m'aimes pas d'amour ! Ça se voit ! Pis d'abord j'suis déjà pris. dit le gras en se marrant.
C'était tellement tentant qu'elle aussi se mit à rire, de son rire qui avait plus les traits d'un couinement étrange que d'un vrai rire d'ailleurs.

-Blague à part... C'est pas comme ça depuis tout l'temps quand même ?
Elle se redressa, haussa les épaules et sourit légèrement. Bien sur que non la situation n'avait pas toujours été celle qu'elle était. Avant ils étaient proches, même trop proches pour des fiancés... Et ce détail, qu'elle tentait pourtant de cacher, ne passa pas inaperçu pour l'expert en astridien.

-Naaaan !! A c'point ?!
avatar
François Vellini
Eminent Gros Morfale

Messages : 4
Date d'inscription : 01/11/2015

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: [BIR] Putain j'vais crever !

Message par Rodrigue de Liancy le Ven 1 Avr - 22:00

Rodrigue était maudit. Telle était sa conclusion après les premiers jours passés à Biriatou en compagnie du nouvel arrivé, François. Enfin, il n'avait pas passé beaucoup de temps avec lui et ce n'était pas plus mal. Ce qui était mal, en revanche, c'était qu'Astride passait tout son temps avec lui. Depuis l'arrivée de François, Rodrigue voyait Astride encore moins souvent. Et quand elle revenait avec lui, il avait l'impression de ne toujours pas exister. La vie à Biriatou était déjà un calvaire et il avait fallu qu'on lui rajoute ça. La coupe était pleine. Dès qu'il le pouvait il quittait la grande maison des Lugnan pour se promener au village. Rodrigue pouvait se le permettre puisque sa fiancée n'était jamais disponible pour passer du temps avec lui.

De plus en plus souvent il songeait à retourner à Mont-de-Marsan. Là-bas, pas de François, pas d'Yvain. Astride pouvait bien le rejoindre quand elle le déciderait. Mais têtue comme elle l'était, cela pouvait bien prendre six mois pour la voir revenir en Gascogne.
Pour le moment il ne s'était pas vraiment décidé. Il espérait apprendre la guérison d'Yvain, permettant à la petite blonde de quitter les lieux. Une question de jours d'après ce qu'il entendait dire dans la maison. Il n'avait pas revu son cousin depuis sa petite incursion clandestine et n'avait pas l'intention de recommencer pour vérifier lui même de l'état de cet idiot.

Quand il n'était pas au village, il restait dans le salon, parfois plusieurs heures à fixer le feu. Sans le savoir il imitait ainsi son pire ennemi. Quelques fois Anaïs interrompait sa méditation pour lui demander quelques services qu'il accomplissait sans broncher. Dans ses meilleurs jours il donnait même un coup de main à Henri. Mais cette fois, alors qu'il piquait sérieusement du nez sur un des fauteuils, la maîtresse des lieux lui demanda s'il pouvait chercher Astride pour elle. D'un hochement de la tête il accepta et partit aussitôt dehors. Astride devait sûrement être dans un des champs des alentours. Comme d'habitude.

Très vite, il aperçut deux silhouettes dans le champ au sud de la maison. François et Astride. Comme d'habitude. Blasé, il s'avança à pas de loups afin de ne pas leur faire peur. Grossière erreur. Arrivé à seulement à quelques mètres d'eux, François continuait de discuter avec elle. Et vraisemblablement de lui, « Cet Yvain roux ». L'insulte ne passait pas et il fallut que Rodrigue rassemble tout son calme pour ne pas aller coller un pain à l'impertinent. Le pauvre Liancy n'était pas au bout de ses peines. Pour répondre à la question « Tu l'aimes ou pas cet Yvain roux ? » Astride avait fait de nombreux gestes. A croire que ça ne coulait pas de source.

Curieux, il continua de les écouter. L'exaspération atteint son comble quand Rodrigue comprit qu'Astride était en train de raconter absolument tout les concernant. La colère qu'il avait cherché à atténuer depuis quelques minutes, voire depuis des semaines finit alors par éclater. D'une voix forte il tonna :

- Je suis peut-être borgne, mais j'entends encore très bien. Astride, Anaïs te cherche, elle est à la maison.

Le jeune homme la fixa d'un regard chargé de reproches et de déception pendant une poignée de secondes, puis tourna les talons en direction de la maison. Il ne resterait pas plus longtemps auprès d'eux. Il devait prendre l'air et ne pas agir dans la précipitation. A la maison, il grimpa les escaliers en toute vitesse, sans même répondre à Anaïs qui lui demandait s'il avait fini par croiser sa sœur, entra pour récupérer une veste et partit tout aussi vite de la maison.

Rodrigue resta au village jusqu'à la tombée de la nuit, puis décida de rentrer. En entrant il ne jeta pas un coup d'oeil aux pièces du rez-de-chaussée pour voir qui s'y trouvait, il monta directement dans sa chambre. Personne. Après s'être débarrassé de sa veste en la jetant sur une chaise, il s'assit sur le lit. Il parcourut la pièce du regard, cherchant ses affaires. Sa décision était prise, il partirai le lendemain matin. Pour le reste, il retournait ses problèmes dans tous les sens, mais l'issue était toujours la même…

_________________
avatar
Rodrigue de Liancy
BG Borgne

Messages : 67
Date d'inscription : 12/10/2015

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: [BIR] Putain j'vais crever !

Message par Astride Vellini le Sam 2 Avr - 18:10

Elle n'eut même pas le temps de justifier avec un "oui, mais non, mais y'a des circonstances atténuantes, pis j'ai prié pour me repentir, pis c'est pas ma faute il est beau quand même, et sexy, ..." que la voix du dit beau et sexy se fit entendre. Et il avait pas l'air content. Est-ce qu'il avait entendu toute la conversation ? Est-ce qu'il n'en avait perçu qu'une petite partie ? Est-ce que lui aussi avait entendu l'insulte des plus involontaires de François disant qu'il était Yvain, mais roux ? Est-ce que, est-ce que, est-ce que... Trop tard. Le temps de se poser toutes ces questions, il avait déjà tourné les talons et était reparti de là où il était venu : loin. La minie blonde plissa le nez, fronça clairement les sourcils et commença à serrer ses petits poings. Elle avait déjà oublié le pourquoi Rodrigue avait pointé le bout de son nez, ce n'était pas important. Le plus important, c'était qu'il ne lui avait même pas laissé le temps de s'expliquer sur ce qu'il avait potentiellement entendu ! Si Astride avait été un thermomètre, on aurait pu voir le mercure monter, monter, monter et monter encore jusqu'à atteindre le haut du tube en verre, à la limite de la rupture.

-Y va revenir, c'est rien ! Faut pas s'énerver pour ça !

Alors soit le gros était complètement largué et n'avait pas compris un traître mot de la discussion qu'ils venaient pourtant d'avoir, soit il était vraiment aussi bête qu'il en avait l'air, soit il ne connaissait plus vraiment Astride depuis le temps qu'il ne l'avait pas vue. Probablement les trois... Parce qu'une chose était sure, c'était LE truc à ne pas dire quand la petite blonde commençait à bouillir de l'intérieur. Il ne fallait surtout pas lui dire de se calmer et la laisser sagement se calmer toute seule. Pire encore, il fallait proscrire toute insinuation concernant le fait qu'il ne fallait pas s'énerver pour si peu. Elle avait la sinistre impression d'être prise pour une môme qui fait un caprice et elle ne goûtait plus de ce pain là depuis bien longtemps. On l'avait tellement souvent prise pour plus bête qu'elle n'était pour la seule raison qu'elle ne pouvait pas répondre qu'elle détestait cordialement tout ce qui pouvait la rabaisser, quitte à être un peu trop extrémiste... Parce qu'on le sait, François n'avait pas dit ça méchamment. Il ne pouvait pas être méchant ce gros nigaud.

Du coup, la coupe fut pleine et elle se mit à se rouler dans tous les sens, écrabouillant fleurs et même couronne à peine terminée. Consciente que cela ne suffirait pas pour la calmer, elle se mit à arracher tout ce qui lui tombait sous la main, sous le regard impuissant du neveu. Quelques minutes plus tard, qui parurent sans doute une éternité au Vellini, elle s'arrêta net dans son plan de destruction massive de la flore. Elle ne put que constater l'étendue des dégâts, et surtout que sa couronne avait morflé pendant la bataille. Stoïque, le regard fixe, la moue vissée sur les lèvres, elle se redressa pour grimper dans l'arbre le plus proche et s'y installer. Elle ne voulait pas rentrer au risque de le croiser, elle ne voulait pas qu'on vienne la déranger, c'était donc le meilleur endroit où se mettre pour méditer.


-Bon ben... J'te laisse Titide. J'reste pas trop loin si jamais t'as besoin...

Pauvre François, il n'avait rien demandé et il se retrouvait au beau milieu d'une crise conjugale. De toute façon, Il faudra bien qu'elle descende à un moment ou un autre, sinon elle mourrait de froid. Elle n'avait simplement aucune envie de retourner dans leur chambre pour le moment, alors elle dormirait probablement dans l'un des fauteuils de la pièce de vie cette nuit. Elle irait le voir demain, quand sa phase de méditation serait terminée et qu'elle sera prête à prendre le problème à bras le corps. Pas avant. Le lendemain donc, fraîche comme un gardon de la veille -parce qu'elle a dormi dans un fauteuil quand même-, elle rassembla ce qui lui restait de motivation pour grimper les escaliers pour aller voir Rodrigue. Elle savait qu'il était là, elle l'avait vu rentrer, et elle ne l'avait pas entendu ressortir. Après une grande inspiration, elle poussa lentement la porte de leur chambre et tomba sur un Rodrigue en train de ranger ses affaires. Roulant de grand yeux, elle se mit à piétiner sur place pour ne pas se ré-énerver tout de suite. Qu'est-ce qu'il était en train de faire ! Rentrer à Mont-de-Marsan ? Pitié faites que ce soit ça ! Difficilement, elle pencha la tête sur le côté pour indiquer qu'elle était en plein questionnement là tout de suite maintenant, et qu'il lui était expressément demandé de lui fournir des explications.

_________________
avatar
Astride Vellini
Jalouse des Champs

Messages : 20
Date d'inscription : 12/10/2015

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: [BIR] Putain j'vais crever !

Message par Rodrigue de Liancy le Sam 2 Avr - 19:29

Rodrigue avait attendu Astride toute la soirée, en vain. Soit elle se fichait bien de savoir qu'il avait été vexé d'apprendre qu'on parlait de lui dans son dos, soit elle était elle-même trop en colère pour venir le rejoindre. Depuis son retour dans la chambre, l'écuyer s'était calmé, mais en voyant les heures défiler sans voir apparaître la Vellini, son apaisement avait disparu. Peu importaient les raisons pour lesquelles Astride l'évitait, cela suffisait à attiser sa colère et à le confirmer dans son idée de quitter les lieux le plus rapidement possible.

Le Liancy s'était donc couché, jugeant que le sommeil ne pouvait que lui faire du bien. Ne dit-on pas que la nuit porte conseil ? Dans son cas, il espérait vainement qu'Astride finisse par le rejoindre et qu'après discussion les choses s'amélioreraient. Seulement Astride ne vint jamais et il ne trouva pas le sommeil. Au petit matin sa résolution n'avait donc pas changé, si bien qu'il entreprit de récupérer toutes ses affaires pour les regrouper et préparer son paquetage.

Rodrigue avait bien avancé dans le bouclage de ses affaires lorsque la porte s'ouvrit, laissant apparaître une Astride surprise. Les yeux de la blonde étaient comme deux grosses billes plantées sur son joli visage, et si d'ordinaire Rodrigue aurait souri en la voyant ainsi, cette fois il en fut agacé. Comment pouvait-elle encore être surprise de le voir pressé de quitter les lieux ? Alors qu'elle l'ignorait, qu'elle discutait avec François de leur vie, et qu'il allait devenir dingue dans cette maison sinistre, elle trouvait encore le moyen d'être surprise ?

Astride semblait attendre des explications. Elle les aurait. Le Liancy savait d'avance qu'elle réfuterait probablement tout, qu'elle allait tout lui mettre sur le dos, mais elle les aurait. Sans un mot il fit le tour du lit pour aller fermer la porte derrière elle, et délaissant pour un temps la constitution de son paquetage, allait s'asseoir dans le fauteuil. Ses traits étaient tirés par le manque de sommeil et il resta encore longuement silencieux, cherchant ses mots. Il voulait apparaître le plus calme possible, car il savait qu'Astride ne le serait pas. Elle risquait de ne pas l'écouter, mais Rodrigue décida de parler d'une traite, se disant que si elle ne voulait pas entendre ce qu'il avait à dire, c'était son problème à elle, pas à lui.


- Je rentre à Mont-de-Marsan. Dans la matinée. Je vais y récupérer mes affaires et je vais à Monteroni. Tu feras ce que tu veux de la maison.

Il avait décidé de ne pas éluder, d'être franc. Tourner autour du pot ne leur servirait à rien. Peut-être qu'il lui ferait mal, ou peut-être pas. Il ne semblait pas lui manquer ces derniers temps, alors à quoi bon.

- Je pense que l'on doit rompre nos fiançailles. Pause. Enfin non, je décide de les rompre. Il tourna la tête dans sa direction, sincèrement blessé de cet échec, mais décidé. Tu sais que ça ne fonctionne pas. Tu en discutes d'ailleurs avec François. Alors que c'est avec moi que tu devrais voir ça. Depuis que nous nous sommes installés à Mont-de-Marsan, personne n'est véritablement heureux. C'est peut-être pour ça que tu as consacré tant de temps aux malades. Je ne te voyais jamais. Il a fallu que je perde un œil pour que tu te souviennes de mon existence. Temporairement. Tu es retournée brièvement auprès de tes malades, puis nous sommes arrivés ici. Où tu ne faisais pas plus attention à moi, légitimement occupée à soigner l'autre imbécile d'Yvain, jusqu'au jour où ce François débarque…

Le cas François était un mystère pour lui. Cet idiot n'arrêtait pas de l'insulter, et pourtant il n'arrivait pas à le détester. Il semblait plus stupide que méchant, et s'ils s'étaient rencontrés dans d'autres circonstances, il aurait presque pu l'apprécier. Si bien qu'à son évocation, sa voix ne se faisait pas cruelle, juste amère.

- Je ne suis pas jaloux de François. Qu'il soit ton ami est une bonne chose. Que tu lui consacres autant de temps, sans jamais faire attention à moi me dérange. C'en est presque humiliant. En fait c'est simple, ces dernières semaines, les seuls moment où tu t'es souvenue que l'on était fiancés c'est quand tu m'as soigné. Quand j'étais ton patient. Tu te rends compte ? J'aurais aimé te parler, te dire qu'il faut peut-être qu'on aille prendre l'air ailleurs, qu'on reparte en voyage, qu'on arrête de vivre comme des gens mariés depuis dix ans qui n'ont plus rien à faire ensemble… mais tu n'es jamais là. Et tu préfères évoquer ce sujet avec quelqu'un qui n'est absolument pas concerné et qui ne pourra rien y faire. Dans mon dos.

Tout en parlant il réalisait que ni Astride ni lui n'étaient faits pour le mariage. Il se rendait compte à quel point une union de ce genre était une prison dans laquelle il ne voulait certainement pas s'enfermer. Les fiançailles lui avaient donné un avant-goût déjà trop amer de ce que pourrait être leur vie une fois mariés. Pourtant il n'en fit pas part à la blonde, car il avait déjà beaucoup parlé, et que ce détail était à présent sans importance. De plus, Astride le savait depuis bien longtemps. C'était lui qui avait mis énormément de temps à le constater. Il avait voulu y croire. Pour rien.

D'une voix lasse, plus résignée que jamais, le regarde plongé dans le vide, il reprit une dernière fois.


- Tu n'as pas besoin de moi. Tu n'as jamais eu besoin de moi. Je t'aime mais je sais que je ne peux pas te forcer à vivre avec moi si tu ne le souhaites pas vraiment. Ce serait comme enfermer un bel oiseau dans une toute petite cage, juste pour le posséder, parce qu'il est magnifique. Sauf qu'il n'est pas fait pour vivre en cage et l'empêcher d'être libre c'est faire preuve de cruauté.

C'en était fini, mais pas tout à fait. Rodrigue attendait la réaction qui serait sûrement violente, une crise dont les murs de Biriatou se souviendraient sûrement pendant longtemps. Une crise nécessaire pour évacuer la frustration, la tristesse et peut-être pour comprendre, plus tard, qu'il avait raison.

_________________
avatar
Rodrigue de Liancy
BG Borgne

Messages : 67
Date d'inscription : 12/10/2015

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: [BIR] Putain j'vais crever !

Message par Astride Vellini le Dim 3 Avr - 1:46

La petite blonde n'arrivait pas à donner une autre réaction qu'un clignement frénétique des yeux. Elle ne devait pas s'énerver tout de suite, elle ne devait pas montrer que ce qu'il était en train de lui balancer dans la tronche la touchait profondément. Il en allait de sa fierté. Il fallait donc qu'elle réussisse à se contenir, comme une vraie femme forte le ferait. Elle craquerait après, quand il aurait le dos tourné. Et pourtant, il n'y avait rien de plus dure que de ne pas craquer à cet instant précis, plus il parlait, plus elle sentait les clous s'enfoncer dans sa petite poitrine tambourinante. Intérieurement, elle intimait l'ordre à son corps de ne pas monter en pression, ce qui la conduisit à cesser d'écouter les palabres du roux. De toute façon, rien ne l'intéressait maintenant qu'il avait décidé de rompre leurs fiançailles. Même la raison de cette rupture lui semblait dérisoire puisque la décision avait été prise et qu'il semblait prêt à ne rien lâcher. Il ne parlait plus, sans doute avait-il fini son exposé sur le pourquoi il fallait qu'ils se quittent. peut-être avait-il même ajouté "mais on peut rester amis si tu veux". Rien que d'imaginer cette phrase sortir de la bouche du Liancy la fit simplement plisser le nez. Il semblait attendre une réaction plus violente de sa part, comme elle avait l'habitude de le faire, mais elle n'en ferait rien. Il pouvait attendre là des heures durant qu'elle ne péterait pas les plombs. Au bout de quelques minutes, ne voyant rien venir, le Liancy finit par prendre ses affaires pour passer tout près d'Astride sans même la regarder. Elle serra les poings pour ne pas l'étriper ; cette fois, tout était vraiment terminé.

Le petit bout de femme attendit d'entendre claquer la porte d'entrée pour exploser. Un véritable ouragan Vellinesque s'abattit sur la chambre qui avait eu le malheur d'accueillir le désormais ex-couple Liancy. La table de chevet vola dans la pièce pour se retrouver dans le couloir. La malle de vêtements passa à travers la fenêtre pour se retrouver dans le champ en contre-bas. Couverture et oreillers furent envoyés sur le parquet sans autre forme de procès, et le lit se retrouva sans dessus dessous, les quatre fers en l'air si vous me permettez l'expression. Le malheureux encrier qui se trouvait sur le coin du secrétaire se vit explosé contre le mur près de la porte. Chaque vélin soigneusement disposé dans le tiroir fut déchiré en des dizaines et des dizaines de petits morceaux éparpillés à travers toute la chambre tel des confettis. Loin d'être calmée, et n'ayant plus grand chose à casser, elle serra le poing avant de taper dans le mur de pierre. sa main saignait et pourtant elle ne ressentait pas la douleur, tant son taux d'adrénaline était élevé. Elle fut pourtant contrainte de faire une pause pour reprendre son souffle. Elle venait quand même de mettre à sac une pièce entière en l'espace de deux minutes. Chrono en main.

Les deux mains sur les genoux, elle releva subitement le regard, toujours rempli de haine. D'un pas décidé, et énervé, elle sortit de la pièce pour rejoindre la pièce de vie. Elle jeta un regard presque envieux sur la cuisine, casser toute la vaisselle la calmerait peut être suffisamment... Mais malgré son état extrêmement exacerbé, un trait de lucidité lui traversa l'esprit et elle préféra sortir sans oublier de claquer la porte avec perte et fracas. Dehors, elle secoua un arbre comme un prunier pendant de longues minutes, jusqu'à être trop fatiguée pour continuer. Elle finit par chuter, comme si elle avait été fauchée au niveau des genoux. Adossée contre le pauvre arbre qu'elle venait de martyriser, la furie respirait de façon saccadée et ses mains étaient tremblantes, et surtout douloureuses.  Elle réussit néanmoins à faire un dernier geste très symbolique : retirer la bague qu'elle avait à l'annulaire gauche pour la balancer au loin. Adieu améthyste. Et bon vent !

_________________
avatar
Astride Vellini
Jalouse des Champs

Messages : 20
Date d'inscription : 12/10/2015

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: [BIR] Putain j'vais crever !

Message par Yvain de Lugnan le Dim 3 Avr - 13:26

Si l'état du Lugnan intéressait encore quelqu'un dans cette maison, il allait mieux. Pas beaucoup mieux puisque ce serait supposer qu'il allait mieux qu'avant qu'il ne tombe malade, ce qui n'était tout bonnement pas possible. Le maladif vivotait en permanence, alors insinuer qu'il se sentait mieux après un tel épisode fiévreux serait exagéré. Étonnamment, cette subite sensation de mieux être coïncida parfaitement avec le moment où le rouquin claqua la porte pour quitter Biriatou. Aurait-il volontairement fait le malade un peu plus longtemps dans l'espoir de voir la vie de son cousin brisée ? Allez savoir. Cependant, dans son calcul il avait supposé que le comportement de sa belle soeur serait mesuré, à l'image de ce qu'elle était lorsqu'elle le soignait. Une jeune femme douce et posée, instruite et malgré tout toujours attentive aux résultats de ses traitements. Erreur !

Le bruit assourdissant de la table de chevet s'écrasant dans le couloir le fit douter de son analyse concernant Astride. Et il remit la totalité de son jugement en cause en entendant la fenêtre se briser. Il n'osait pas imaginer l'état de la chambre vu tout le bruit qui en émanait. Il avait assurément fait une grosse connerie en essayant de mettre à mal ce couple. Il était loin de se douter que la toute petite blonde qui lui servait de belle soeur était folle à ce point ! L'espace d'une seconde, il se mit à plaindre son cousin, et se demanda même s'il n'avait pas bien fait de forcer la séparation, mais plus pour lui que pour elle. Il secoua vigoureusement la tête pour chasser cette idée saugrenue de son esprit. Non. Il détestait son roux de cousin, quoi qu'il puisse lui arriver. Soudain, le brouahaha s'interrompit. Heureusement pour lui, car ce foutoir commençait à lui monter à la tête, et il avait l'impression que c'était à l'intérieur de son crâne qu'Astride était en train de tout balancer. Mais l'accalmie fut de courte durée parce qu'un phacochère descendait déjà les escaliers. Il ouvrit grand les yeux, pris d'un éclair de lucidité :


-La vaisselle !

Pourquoi avait-il dit cela ? Personne ne pouvait l'entendre, et le temps qu'il descende, elle aurait déjà saccagé toute la cuisine si elle en avait décidé ainsi. En plus de cela, vu l'état d'énervement de la petite blonde, aurait-il été capable de la contenir pour l'empêcher de continuer à détruire toutes les pièces de la maison une par une ? Face à ce constat effarant, le Lugnan se mit sur le dos et regarda le plafond, l'air dépité. Il avait même peur d'une blonde toute maigre d'à peine un mètre cinquante. En d'autres termes, il ne servait à rien dans cette famille. A part à tomber malade, à offrir des robes à sa fille, et des jouets en bois à son fils. Il posa sa main contre son visage et lâcha un léger soupire en constatant que la furie n'avait finalement pas prévu de s'attaquer à la cuisine. Il entendit même la porte claquer et ce fut comme une décharge électrique. Il se leva du lit avec un air décidé et il se dirigea, encore un peu titubant, vers la chambre où se trouvait son épouse. Toute aussi choquée que lui par ce qu'elle venait d'entendre, il lui annonça, la mine grave :

-Ma Dame. Apprenez moi. Je veux savoir. Me défendre. Les défendre. Ajouta-t-il en jetant son regard sur Wilgeforte.

Et parce que cet épisode ne lui avait pas retiré son humour miteux :
D'ailleurs. J'ai gagné. Le pari. Voyons.

_________________
avatar
Yvain de Lugnan
BG Malade

Messages : 39
Date d'inscription : 12/10/2015

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: [BIR] Putain j'vais crever !

Message par Anaïs de Lugnan-Vellini le Dim 3 Avr - 15:07

L'avis de tempête sur Biriatou avait couru pendant plusieurs jours. Anaïs savait qu'elle allait frapper, mais elle ne savait pas quand. Et ce fut un beau matin que l'orage éclata. Anaïs se trouvait dans la chambre de ses enfants, à s'occuper de Wilgeforte tout en gardant un œil avisé sur l'aîné qui jouait avec ses petits soldats, quand le coup d'envoi des hostilités fut donné. Une porte claqua, les murs tremblèrent, du verre éclata – Pas la fenêtre tout de même ?! - et une multitude de bruits tous plus ou moins violents secouèrent la grande maison, qui d'ordinaire était si paisible.

Alors qu'elle croyait le désastre enfin terminé, la porte claqua une dernière fois, faisant sursauter Anaïs et pleurer Wilgeforte. Georges, lui, était placide, tendant juste un peu l'oreille pour savoir ce qui pouvait bien se passer. La Lugnan-Vellini soupira et consola sa fille, bien contente de ne pas se trouver sur le chemin d'Astride à ce moment précis. Tout cela ne pouvait être que l’œuvre d'Astride. Rodrigue, même s'il haïssait Yvain, savait se contrôler au point de ne pas réduire en miettes tout ce qui lui tombait sous la main. La blonde craignait déjà de faire le bilan des dégâts et cherchait à ne pas s'énerver, à la fois pour pouvoir calmer le bébé qui sanglotait encore dans ses bras et pour ne pas être injuste envers sa sœur.

Alors qu'elle reposait Wilgeforte dans son petit lit, la porte de la chambre s'ouvrit. En voyant Yvain debout, hors de sa propre chambre, Anaïs cligna des yeux, surprise. Elle le fut encore plus lorsque son mari lui fit part de son intention d'apprendre à se défendre. Un léger rire nerveux s'échappa alors de ses lèvres, ne croyant pas à ce qu'elle venait d'entendre. Yvain, se battre ? Pardon ? L'intention était louable, mais Anaïs avait des doutes quant à sa réalisation. Supporterait-il ses entraînements ? Il y avait bien longtemps qu'elle n'avait pas touché une arme, mais elle savait se battre, contrairement à Yvain qui risquait d'attraper une crampe juste en tenant une épée. Et si elle le blessait ? Hors de question qu'il devienne borgne comme Rodrigue !

Toutes ces questions traversèrent son esprit en une vitesse fulgurante, mais consciente du sérieux de la requête elle acquiesça lentement.


- Si c'est votre souhait… D'accord. Mais attendez encore, vous n'êtes pas assez remis pour ce genre d'activité.

Elle venait peut-être de commettre une folie en acceptant, mais Yvain avait vu juste. Il avait gagné leur pari et cette demande pouvait presque sonner comme la récompense qu'il souhaitait obtenir. Anaïs savait déjà qu'il allait en baver et regretter cet accès de bravoure, mais la journée avait si difficilement débuté qu'il n'était pas question de contrarier son époux. Tous deux allaient déjà être assez maussades comme cela en estimant les dégâts causés par les déboires amoureux d'Astride...

_________________
avatar
Anaïs de Lugnan-Vellini
#DéfunteBlondeChic&Flegmatique ✝

Messages : 39
Date d'inscription : 12/10/2015

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: [BIR] Putain j'vais crever !

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Page 2 sur 2 Précédent  1, 2

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum